Chirurgie hanche

Chirurgie hanche 2017-12-02T14:22:02+00:00
chirurgie de la hanche

Chirurgie de la hanche

Comment Réussir Sa Prothèse de Hanche ?

Le résultat de la mise en place d’une Prothèse Totale de Hanche (PTH) est souvent qualifié de « miracle » mais cette intervention ne doit pas faire oublier les éventuelles embûches qui peuvent survenir soit pendant le geste opératoire soit dans les suites opératoires mais aussi à moyen et long terme.

Il est donc nécessaire, pour augmenter les chances de réussite, de suivre scrupuleusement chaque étape, de la décision de mettre une PTH, au suivi régulier annuel, en passant par l’intervention elle-même.

Prothèse totale de hanche – PTH

La décision de mettre en place une PTH repose sur le respect des indications et des contre-indications.

Bien entendu pour qu’il y ait indication, l’articulation de la hanche doit être atteinte au niveau de son cartilage articulaire et/ou de l’os qui le supporte (tête et col du fémur ou os du cotyle).

Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi que l’état clinique du patient soit suffisamment affecté comparativement à une personne du même âge en bonne santé. Il s’agit d’évaluer la douleur du patient, de quantifier la fonction et d’établir l’handicap du patient dans sa vie ainsi que la répercussion sur sa qualité de vie. La notion que cet état pathologique est définitif et que le traitement médical est inefficace à l’améliorer significativement et durablement, est importante.

Vous comprendrez bien qu’il n’y a pas d’âge pour poser l’indication, mais il faut garder à l’esprit qu’une
PTH n’a pas une durée de vie infinie (on l’estime à 15 ans +/- 5ans pour 90% des patients) et que plus le patient est jeune plus la possibilité de devoir réaliser une nouvelle intervention chirurgicale pour changer la PTH est grande. L’indication d’une PTH est d’autant plus justifiée chez un patient jeune que le handicap est sévère.

Une fois la décision prise, il faut que l’état général du patient soit compatible avec la réalisation d’une anesthésie et d’un acte chirurgical dans de bonnes conditions. L’intervention doit être sans risque imminent pour l’intégrité physique et mentale du patient mais aussi pour la pérennité de l’implant.

Enfin l’explication par le chirurgien des risques d’une intervention propre à la mise en place d’une PTH, est une partie incontournable. Elle doit surtout évoquer les précautions à prendre afin d’éviter d’éventuelles complications et aborder aussi les solutions qui existent pour les traiter.

A ce stade, il faut que le chirurgien expose la manière dont il va « faire sa chirurgie » (voie d’abord) et qu’il expose le type de prothèse qu’il va utiliser. Le débat de la voie d’abord est un débat scientifique avant tout. Les différentes façons d’aborder l’articulation de la hanche ont chacune des avantages et des inconvénients théoriques qui sont effacés par la maitrise du chirurgien pour celle qu’il utilise habituellement. Les chirurgies « mini-invasives » se sont développées et ne sont qu’une optimisation de celles déjà existantes. Elles sont proposées comme un avantage esthétique et fonctionnel à court terme. Elles ne sont pas à mettre dans les mains de chirurgiens peu rompus à cette technique.

Le choix de la prothèse

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En ce qui concerne le choix de la prothèse, il faut rappeler qu’il existe deux parties (fémorale et pelvienne) articulées entre elles au niveau du couple de frottement. Les deux parties qui « se frottent » sont supportées par une tige au niveau fémoral et un implant cotyloïdien au niveau pelvien. Il existe plusieurs formes et tailles pour s’adapter aux plus près de l’anatomie du patient. Certains peuvent être « sur mesure » pour des cas très particuliers de déformation du fémur importante et d’autres des prothèses de resurfaçage au niveau de la tête fémorale. Les implants peuvent être cimentés ou non, sans différence de résultat lorsqu’on maitrise la technique choisie, et l’utilisation d’un type ou d’un autre répond plus souvent de l’habitude du chirurgien. Il existe différents couples de frottement dont les qualités mécaniques de résistance à l’usure, à la fracture, à la vibration sonore (oui parfois les prothèses font du bruit…) et à la luxation, sont différentes pour chacun d’entre eux. La sélection d’un type pour un patient se fera sur un couple d’autant plus résistant à l’usure que le patient est jeune et actif (Métal/Métal ou Céramique/Céramique) et sur un couple d’autant plus résistant à la luxation (Grosse tête, double-mobilité) que le patient est âgé et peu musclé. Il existe bien évidemment plusieurs « marque » de PTH mais chacune des prothèses sont soit des « copies conformes », soit elles arborent des caractères architecturaux et chimiques dont les avantages sont reconnus par certains chirurgiens et non par d’autres. Le clivage entre les chirurgiens est souvent « affaire d’école » en réalité et expérience personnelle. Aussi, il existe des normes de construction et des normes dans le suivi pour ces PTH qui impose qu’il n’y ait pas de taux de révision d’une prothèse dans la population générale (registre des PTH) supérieure à 5% et 10% pour les 5 et 10 premières années respectivement. Les prothèses autorisées sur le marché sont sans risque anormal de présenter des défaillances.

Nous sommes maintenant au bloc opératoire et le chirurgien exerce son « art »… . Pour l’exercer au mieux ce dernier planifie son opération. Cette planification se fait au plus simplement sur des radiographies. Parfois des informations complémentaires peuvent être obtenues par la réalisation de radiographies numérisées corps entier (EOS), de scanner ou d’IRM principalement dans des cas particuliers ou l’anatomie du patient est modifiée. Cela va lui permettre de connaître la forme et la taille de la prothèse la mieux adaptée à l’anatomie de la hanche et aux particularités ostéo-musculaires du patient. Il va aussi lui permettre de savoir comment la positionner sur l’os receveur du patient en se servant de repères osseux. Cependant lors de l’acte, le chirurgien peut être confronté à d’autres réalités comme l’instabilité prothétique et l’appréciation de la longueur des membres inférieurs. Une différence de longueur peut exister après l’intervention mais celle-ci est habituellement inférieure à 5 mm et n’entraine aucune gêne. Parfois un allongement ou un raccourcissement est volontairement réalisé pour corriger une anomalie anatomique. Dans les cas plus important, certains vont s’y adapter progressivement, pour d’autres très rares une reprise chirurgicale pourra être proposée.

Les suites post-opératoires

Elles sont habituellement simples et ce d’autant plus que l’intervention s’est déroulée normalement. Il faut néanmoins rappeler qu’il est nécessaire de respecter une période STRICTE de convalescence de 45 jours. Cette période de repos relatif et de rééducation permet à l’articulation de la hanche de récupérer sa fonction, et au patient, un bon état général. L’utilisation de béquilles pour soulager l’appui sur la prothèse et stabiliser la marche est souhaitée. Cela évitera toutes chutes intempestives (et donc tout risque de fracture) et permettra une bonne reconstruction osseuse autour de la prothèse et ce d’autant plus qu’elle est non cimentée. Après 3 mois, il est classique de laisser reprendre une vie normale au patient, en respectant quelques nouvelles petites règles.

Vivre avec une PTH

Elle redonne « un second souffle », tant au moral qu’aux capacités physiques du patient. Certaines activités abandonnées avant l’intervention peuvent être reprises progressivement mais avec une réserve pour celles trop violentes où le risque d’altération mécanique de la prothèse (usure lors de marathons répétés) ou de l’os périphérique (fracture lors d’une chute à ski) est majoré. Tout est autorisé avec la PTH mais il y a des positions qui ne sont pas conseillées comme se pencher du même côté que sa hanche opérée pour ramasser un objet, car ces positions peuvent potentiellement, si elles sont poussées à leur maximum, entraîner le déboitement de la PTH (luxation). En matière d’hygiène, il est important qu’un patient porteur de PTH (comme pour tous autres types de prothèses) fasse attention à toutes les «portes d’entrée» potentielles pour des agents contaminants (plaies profondes, gestes chirurgicaux, sondage urétrale, soins dentaires…). Dans certaines situations à la discrétion du corps médical, la prise d’antibiotique est nécessaire pour éviter tout contact de la prothèse avec une bactérie circulant dans le sang et donc éviter une infection prothétique.

Bien vivre avec une PTH c’est se faire suivre régulièrement une fois par an voir tous les 2 ans par son chirurgien afin d’appréhender le fonctionnement de la prothèse et sa tolérance dans le corps humain mais aussi afin de répondre aux questions et aux doutes du patient.

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