
Sport et arthrose : amis ou ennemis ?
L'arthrose, qu'est-ce que c'est ?
L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente. Longtemps résumée à une simple « usure » liée à l'âge, elle est aujourd'hui comprise comme une maladie de l'ensemble de l'articulation, qui associe plusieurs phénomènes :
Il en résulte des douleurs, une raideur (notamment au démarrage), une perte de souplesse et, parfois, un gonflement. En France, l'arthrose touche environ une personne sur six, et près de deux tiers des personnes de plus de 65 ans. Le genou (gonarthrose) et la hanche (coxarthrose) sont les localisations les plus invalidantes.
Les stades de l'arthrose du genou
Sur une radiographie, le médecin évalue la sévérité de l'arthrose du genou selon une échelle en cinq stades (classification de Kellgren-Lawrence), du genou normal jusqu'au contact « os contre os ».
Le sport use-t-il vraiment les articulations ?
C'est l'idée reçue la plus tenace — et la plus trompeuse. Les études montrent l'inverse pour la pratique de loisir. L'exemple de la course à pied est parlant : les coureurs récréatifs présentent moins d'arthrose du genou que les personnes sédentaires. Le surrisque n'apparaît qu'aux extrêmes : chez les coureurs de compétition de très haut niveau d'un côté, et chez les personnes inactives de l'autre.

La course de loisir est associée à environ trois fois moins d'arthrose du genou que la sédentarité. Le risque ne ré-augmente qu'à très haute intensité.

La course de loisir est associée à environ trois fois moins d'arthrose du genou que la sédentarité. Le risque ne ré-augmente qu'à très haute intensité.
Loin d'abîmer l'articulation, le mouvement raisonné lui est bénéfique de plusieurs façons :
D'où vient alors le risque ?
Le risque d'arthrose dépend d'un ensemble de facteurs, dont le sport n'est qu'une pièce — et rarement la principale :
Quels sports privilégier ?
Aucun sport n'est strictement interdit : tout est question de dosage, de technique et d'adaptation au profil de chacun. On distingue toutefois les activités globalement protectrices de celles qui méritent d'être encadrées.
En pratique, on peut souvent continuer un sport que l'on aime en l'aménageant : réduire le volume ou l'intensité, alterner avec une activité portée, soigner l'échauffement et la récupération, et renforcer les muscles autour de l'articulation.
La règle d'or : écouter son articulation
L'objectif est de trouver le bon niveau d'activité : suffisamment pour entretenir l'articulation, sans la surcharger. Quelques principes simples aident à y parvenir :
Et si l'arthrose est déjà installée ?
Même en cas d'arthrose avérée, l'activité physique reste le traitement de première intention, recommandé par toutes les sociétés savantes. Elle peut être complétée, selon les situations, par la kinésithérapie, la perte de poids, des aides (semelles, canne), des antalgiques, et — en cas de douleurs persistantes — par des traitements par infiltration (acide hyaluronique, PRP, corticoïdes). La chirurgie (prothèse) n'intervient qu'en dernier recours, lorsque la gêne devient invalidante malgré ces mesures. Après la pose d'une prothèse, la reprise d'une activité physique adaptée est non seulement possible mais encouragée, en privilégiant les activités à faible impact.
Questions fréquentes
« J'ai mal, dois-je arrêter le sport ? »
Pas nécessairement. Une douleur modérée qui régresse en 24 heures n'est pas un signal d'alarme. En revanche, une douleur qui s'aggrave, persiste ou s'accompagne d'un gonflement justifie d'adapter l'activité et de consulter.
« La course à pied va-t-elle abîmer mes genoux ? »
Chez le coureur de loisir, sans antécédent de blessure grave, la course n'augmente pas le risque d'arthrose — elle semble même protectrice. La prudence concerne surtout les volumes très élevés et les reprises mal préparées.
« Faut-il prendre des compléments (collagène, etc.) ? »
Aucun complément alimentaire n'a fait la preuve solide qu'il protège le cartilage. Ils ne sont pas dangereux pour la plupart, mais ne remplacent ni l'activité physique ni le contrôle du poids.
Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Pour évaluer la solution la mieux adaptée à votre situation, parlez-en avec votre médecin. Infographies : IM2S.








