Injection genou arthrose

En bref :

Lorsque les douleurs d'arthrose du genou persistent malgré l'activité physique, le contrôle du poids et les médicaments, deux traitements par injection peuvent être proposés : l'acide hyaluronique (viscosupplémentation) et le PRP (plasma riche en plaquettes). Tous deux agissent de façon progressive (effet en 2 à 3 mois, durée moyenne d'environ un an) et sont bien tolérés. Ils viennent en complément des mesures de fond, jamais à leur place, et ne guérissent pas l'arthrose, mais peuvent soulager durablement et aider à retarder la chirurgie. À court terme leurs résultats sont proches ; au-delà de 3 mois, le PRP offre souvent un bénéfice supérieur.

Les injections dans l'arthrose du genou : acide hyaluronique et PRP

Comprendre l'arthrose

L'arthrose est une maladie de toute l'articulation : le cartilage s'amincit, l'os situé dessous se modifie, et le liquide synovial qui lubrifie l'articulation perd de sa qualité. Il en résulte des douleurs, une raideur et parfois un gonflement.

Avant d'envisager une injection, la prise en charge repose toujours d'abord sur des mesures de fond : activité physique adaptée (le premier des traitements), perte de poids si nécessaire, renforcement musculaire, antalgiques. Les injections n'interviennent que lorsque ces mesures ne suffisent plus.

Les injections dans l’arthrose du genou

À gauche, une articulation saine (cartilage épais, liquide synovial abondant). À droite, une articulation arthrosique : cartilage aminci, pincement, becs osseux (ostéophytes).

Les injections dans l’arthrose du genou

Le liquide synovial sain est fluide au repos (lubrification) et se rigidifie à l'effort (protection). Dans l'arthrose, il reste liquide et perd sa fonction d'amortissement.

Le rôle du liquide synovial

Pour comprendre comment agissent ces injections, il faut s'intéresser au liquide synovial, le liquide qui baigne l'articulation. Il a une propriété étonnante : il ne se comporte pas toujours de la même façon. Au repos, il est plutôt fluide et joue un rôle de lubrifiant ; lors d'un effort ou d'un choc, il devient plus ferme et joue un rôle d'amortisseur. On parle de propriétés « rhéologiques » — c'est-à-dire la manière dont la matière s'écoule et se déforme selon les contraintes qu'elle subit.

Dans l'arthrose, l'acide hyaluronique — un composant majeur de ce liquide — est dégradé et dilué. Le liquide perd alors sa capacité à se rigidifier et n'amortit plus correctement les contraintes. C'est précisément cette propriété que les injections cherchent à restaurer.

L'acide hyaluronique (viscosupplémentation)

L'acide hyaluronique étant naturellement présent dans le liquide synovial, la viscosupplémentation consiste à le réinjecter dans l'articulation pour « recharger » ce liquide et lui rendre une partie de ses propriétés de lubrification et d'amortissement. L'objectif n'est pas de faire repousser le cartilage, mais d'améliorer le confort et la mobilité du genou.

Comment se déroule l'injection ?

Elle est réalisée en consultation, en conditions d'asepsie rigoureuses. Selon le produit, il s'agit d'une injection unique ou d'une série de trois injections espacées d'une semaine : les deux approches ont une efficacité comparable, le choix dépend du produit et de vos préférences. Un repérage échographique peut être utilisé pour s'assurer que le produit est bien délivré dans l'articulation — un point important, car une injection mal placée perd son efficacité.

Quels résultats ?

L'effet est progressif (contrairement à la cortisone, qui agit vite mais peu longtemps) : il s'installe en 2 à 3 mois et dure en moyenne environ un an, avec de fortes variations d'un patient à l'autre. L'injection peut être renouvelée à la réapparition des symptômes, sans toxicité connue à la répétition. La tolérance est bonne ; les effets indésirables sont le plus souvent mineurs et passagers (douleur ou gonflement transitoire dans les jours suivants).

Le PRP (plasma riche en plaquettes)

Le PRP est préparé à partir du sang du patient lui-même. Les plaquettes, concentrées par centrifugation, libèrent des facteurs de croissance qui réduisent l'inflammation et soutiennent la réparation des tissus. Étant issu de votre propre sang, le PRP n'expose ni au rejet ni à l'allergie.

Les injections dans l’arthrose du genou

Le PRP en quatre étapes : prise de sang, centrifugation pour concentrer les plaquettes, recueil du plasma riche, puis injection dans l'articulation.

Une question de concentration

Un point essentiel mais souvent méconnu : c'est la quantité de plaquettes réellement délivrée qui conditionne l'efficacité du traitement, bien plus que le volume injecté. Une préparation suffisamment concentrée donne de meilleurs résultats qu'un grand volume dilué. La qualité de la préparation et du matériel utilisé joue donc un rôle important.

Trois phases qui se succèdent

Après l'injection, le PRP agit en plusieurs temps. Dans les premiers jours, les plaquettes libèrent leurs facteurs de réparation. Une réaction inflammatoire passagère peut suivre (à l'origine de la gêne ressentie les premiers jours). Enfin, sur les semaines et les mois qui suivent, le tissu se remodèle et l'amélioration ressentie s'installe progressivement.

Les injections dans l’arthrose du genou

Les trois phases du PRP se décalent dans le temps : la libération des facteurs de réparation et une courte réaction inflammatoire précèdent l'amélioration ressentie, plus tardive.

Les injections dans l’arthrose du genou

Les trois phases du PRP se décalent dans le temps : la libération des facteurs de réparation et une courte réaction inflammatoire précèdent l'amélioration ressentie, plus tardive.

Comment l'effet évolue-t-il dans le temps ?

Comme l'acide hyaluronique, le PRP n'agit pas immédiatement. Après l'injection, les facteurs de croissance sont libérés en quelques jours, mais le bénéfice ressenti s'installe progressivement, pour atteindre son maximum vers 2 à 3 mois. L'amélioration se maintient ensuite plusieurs mois, en moyenne autour d'un an, avant de décroître peu à peu.

Les injections dans l’arthrose du genou

L'effet du PRP s'installe progressivement, culmine vers 2 à 3 mois, puis se maintient en moyenne environ un an avant de s'estomper.

Les injections dans l’arthrose du genou

L'effet du PRP s'installe progressivement, culmine vers 2 à 3 mois, puis se maintient en moyenne environ un an avant de s'estomper.

Dans quelles situations ?

Le PRP est proposé dans l'arthrose du genou légère à modérée, mais aussi dans certaines tendinopathies chroniques (en particulier l'épicondylite, le « tennis elbow », où il donne de bons résultats). Hors du genou, un guidage échographique est recommandé pour cibler précisément la zone à traiter. Dans l'arthrose du genou, les deux traitements sont efficaces ; à court terme leurs résultats sont proches, mais au-delà de 3 mois, le PRP tend à offrir un bénéfice supérieur à celui de l'acide hyaluronique sur la douleur et la fonction. Tous les patients ne répondent pas, et aucun test ne permet de le prédire à l'avance.

Acide hyaluronique ou PRP : comment choisir ?

Acide hyaluronique
PRP
OrigineProduit injectable prêt à l'emploiIssu de votre propre sang
Mode d'actionRecharge le liquide articulaireFacteurs de croissance, anti-inflammatoire
Délai d'action2 à 3 mois2 à 3 mois
Efficacité à court termeBonneBonne
Au delà de 3 moisEfficaceBénéfice souvent supérieur
Durée moyenne~ 1 an (variable)~ 1 an (variable)
Séances1 à 3 injections1 injection (parfois plus)
ToléranceBonneBonne (autologue)

Les deux traitements sont efficaces et peuvent être considérés comme complémentaires. À court terme, leurs résultats sont proches ; sur le moyen et le long terme (au-delà de 3 mois), le PRP apparaît souvent plus intéressant. En général, on propose une seule modalité à la fois ; si elle ne fonctionne pas, on peut essayer l'autre. L'association des deux dans la même séance n'a pas démontré de bénéfice clair et n'est pas recommandée en routine. Il existe par ailleurs une troisième option, l'infiltration de corticoïdes, à l'action plus rapide mais plus courte, utile notamment en cas de poussée douloureuse avec épanchement.

Questions fréquentes

« Est-ce douloureux ? »

L'injection elle-même est généralement bien supportée. Une gêne ou un léger gonflement peuvent survenir dans les 24 à 48 heures, surtout avec le PRP ; il est conseillé de ménager l'articulation pendant cette période, puis de reprendre progressivement les activités.

« Combien de temps avant de sentir un effet ? »

Ne vous attendez pas à un soulagement immédiat : ces traitements agissent en profondeur et leur bénéfice s'installe sur 2 à 3 mois. C'est normal, et différent d'une infiltration de cortisone.

« Faut-il arrêter le sport après l'injection ? »

On conseille de ménager l'articulation quelques jours, puis de reprendre une activité adaptée. L'activité physique reste bénéfique et complémentaire du traitement.

Conclusion

  • Acide hyaluronique et PRP sont des traitements par injection proposés en complément des mesures de fond.

  • Ils restaurent les propriétés du liquide articulaire ou stimulent la réparation, pour améliorer confort et mobilité.

  • Leur effet est progressif (2 à 3 mois) et dure en moyenne environ un an.

  • À court terme leurs résultats sont proches ; au-delà de 3 mois, le PRP offre souvent un bénéfice supérieur.

  • Ils sont bien tolérés et peuvent aider à différer la chirurgie, sans guérir l'arthrose.

  • Le choix est personnalisé, dans le cadre d'un échange avec votre médecin.

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Dr Maxime FELLER

médecine du sport
échographie

Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Pour évaluer la solution la mieux adaptée à votre situation, parlez-en avec votre médecin. Infographies : IM2S.