Tenségrité

Conférence Médicale
du jeudi 21 mars 2019

“ Nous fonctionnons selon un mode sphérique.
Nous sommes un volume et non pas un plan ” Dr J.C. Lapraz

Depuis Vésale et son De Humani corporis fabrica, l’anatomie est descriptive, mécanique. L’observation du vivant, est aujourd’hui facilitée par l’optique et l’imagerie médicale en 3D. Elle devient fonctionnelle, intégrative, permettant de faire des liens entre les structures et les fonctions de façon biodynamique.

« Le voyage sous la peau » du Dr Guimberteau invite à un paradigme complémentaire de notre vision planifiée de l’anatomie et de la physiologie du vivant.

Il apparaît que dans l’approche de la globalité et de son lien ; la matrice extra cellulaire (« le tout ») soit « irrégulière, chaotique, fractale, non linéaire », assurant la fluidité entre les structures ultramicroscopiques.

L’embryologie selon Ray Gasser, permet d’appuyer cette observation du réel.

De la première cellule fécondée jusqu’à l’apparition de la structure nidée dans la muqueuse utérine, le « non soi » est accepté, s’adapte de façon extra-ordinaire par une fonctionnalité qui s’installe dès les premières imprégnations hormonales sous l’arbitrage du génome.

L’organisation de la structure ne se fait pas au hasard dans cette dissymétrie que Pasteur a su observer avec un simple microscope.
Le concept architectural de tenségrité existe dans nos tissus vivants quel qu’en soit le règne, animal ou végétal. Il s’agit d’un équilibre subtil entre tension et compression à l’image d’une roue de bicyclette dont les rayons sont les éléments tenségres. Le pont tenségre est la métaphore la plus proche pour nos mains qui perçoivent, écoutent et traitent.

René Leriche, pionnier de la chirurgie vasculaire et neuro végétative a initié cette vision d’une pathologie qui nait à distance de la lésion par un désordre neurovégétatif. Il inaugure l’ère de la chirurgie physiologique et de la « chirurgie à l’ordre de la vie ». Cet héritage se retrouve dans les principes de diffusion de l’information qui habite l’espace de tenségrité du corps humain vivant.

La trame de cette matrice vivante permet à tout être vivant de s’adapter et d’assurer les conditions de son évolution, de sa mobilité et de sa guérison.

Le lien est désormais visible à une échelle plus que microscopique. La cellule, par son contact avec la suivante est organisée selon le mode fractal ne laissant aucune interrelation sans conséquences sur les tissus dont la fonction est une alternance de construction et de destruction selon la demande et les besoins.

Cette approche récente se pense en mode intégratif, nous permettant de percevoir, d’évaluer la structure-fonction selon un modèle sphérique, en volumes fluides et tensègres. C’est une vision dépassant la prédiction sur les fascias de A.T. Still (pionnier de l’ostéopathie) qui annonce de nouvelles voies pour le bien du patient et la connaissance médicale de l’adaptation du vivant.

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Dr Jean-Jacques CAMPI

Ostéopathie - Biogénie
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