rhizarthrose
rhizarthrose

La rhizarthrose est l’arthrose de la base du pouce.

Elle est la localisation la plus fréquente à la main avec l’arthrose des articulations interphalangiennes distales.Le plus souvent idiopathique chez la femme en période de ménopause, elle répond favorablement à un traitement médical chez 3 patientes sur 4 environ.

Ce traitement médical comporte la prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires en période de crise, et le port intermittent d’orthèses ou attelles immobilisant la colonne du pouce. Les injections d’acide hyaluronique dans l’articulation sont réservées aux stades initiaux après bilan radiographique par IRM. Ils permettent une cicatrisation des lésions initiales du cartilage et sont réalisées sous contrôle radiographique par le chirurgien. Enfin les infiltrations de dérivés de corticoïdes en intra-articulaire doivent être limitées en nombre car leur action est courte.

Le traitement chirurgical est indiqué en cas d’échec du traitement médical. Il a reposé pendant de nombreuses années sur 3 types d’intervention :

  • la trapézectomie totale, ou ablation du trapèze, os de la base du pouce siège de l’arthrose

  • L’arthrodèse trapézo-métacarpienne ou blocage de la base du pouce
  • La mise en place d’implants siliconés visant à remplacer le trapèze.
Implant en pyrocarbone de resurfaçage

Si ces deux dernières interventions ont conservé des indications précises aux tranches d’âges extrêmes, les indications et les techniques des trapézectomies ont évolué. Elles permettent une récupération de la mobilité et de la force du pouce mais qui est lente (6 mois).

Les implants et prothèses de l’articulation de la base du pouce (PTM) sont une des options chirurgicales modernes du traitement  de l’arthrose de la base du pouce.La réunion des principaux spécialistes européens  de  la chirurgie par prothèses et implants du pouce s’est déroulée en septembre 2009 à Monaco sous la direction du Pôle Membre Supérieur de l’IM2S et du Dr Bruno Lussiez.

Les implants actuels sont le plus souvent des implants de resurfaçage et sont couplés à une trapézectomie partielle, et à une reconstruction ligamentaire. Ils sont le plus souvent en pyrocarbone, biomatériau quasiment inusable, et parfaitement toléré par l’organisme, en raison d’une parfaite biocompatibilité et l’absence d’allergie.

Les PTM sont des prothèses couplées et sont comparables à une prothèse totale de hanche. Elles ont pour avantages de respecter l’anatomie par la conservation totale des structures ligamentaires et tendineuses et par une coupe osseuse minimale. Elles restaurent la biomécanique de la colonne du pouce en maintenant ou en restaurant sa longueur, et en conservant le centre d’action des muscles qui font bouger le pouce. Trois mille PTM sont mises en place chaque année en France par les chirurgiens de la main.

Ces prothèses sont composées de trois ou quatre pièces  de taille différente permettant de s’adapter à l’anatomie du patient (modularité des prothèses). Elles sont généralement composées de titane recouvert d’hydroxyapatite permettant une stabilisation des pièces de la prothèse par l’os du patient sans avoir recours à du ciment (ancrage biologique). L’articulation se fait habituellement entre une pièce (la cupule) en polyéthylène et une tête métallique mais également entre une cupule et une tête en métal.

L’intervention est effectuée sous anesthésie loco-régionale du membre supérieur et dure 45 minutes

Le pouce et le poignet sont ensuite immobilisés par une résine ou une orthèse amovible pendant 3 semaines. La rééducation démarre à 3 semaines et sera réalisée par le patient lui-même à la maison, le plus souvent aidé d’un kinésithérapeute. Les exercices de force peuvent commencer à la 6ème semaine, et une reprise d’activités manuelles (sport, bricolage et travail) entre 8 et 12 semaines selon l’intensité.

Les résultats de ces PTM sont rapidement acquis notamment l’indolence, la mobilité du pouce et la force de serrage. Le taux de satisfaction des patients est supérieur à 90%. Cependant certaines complications peuvent survenir : luxation, descellement de certaines pièces, allergie aux biomatériaux, infection…
Une reprise chirurgicale peut alors s’imposer. Les résultats de ces reprises sont actuellement de bonne qualité, permettant une réutilisation optimale du pouce.

En conclusion, en cas d’arthrose douloureuse et enraidissante de la base du pouce plusieurs traitements sont réalisables, en commençant toujours par un traitement médical.Le traitement chirurgical moderne permet de s’adapter à toutes les formes d’arthrose, et en fonction de l’âge et des activités du patient de lui proposer un choix éclairé.

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Prothèse couplée trapézo-métacarpienne
Abord chirurgical
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Orthèse post-opératoire
Fiche infos

Dr Bruno LUSSIEZ

Chirurgien orthopédiste
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