(Crédit photo Unsplash)

Les plaies de la main ont elles aussi leur saisonnalité: en fin d’année les coupures sont le fait d’apprentis poissonniers qui tentent d’ouvrir les huîtres ; en ce moment, elles sont davantage dues à la manipulation des sécateurs et autres outils de jardinage. Beaucoup de patients se présentent ainsi aux urgences suite à une seconde d’inattention qui peut coûter cher et provoquer des lésions durables si elles sont soignées trop tardivement.

Le Dr Valérie Matter-Parrat, chirurgien de la main à l’IM2S (Institut monégasque de médecine du sport), voit défiler chaque semaine des personnes qui se sont malencontreusement blessées.

Elle insiste : « il ne faut jamais tarder à consulter. Même d’apparence bénigne, une plaie peut être grave ou engendrer a posteriori des complications faute d’avoir été correctement prise en charge. »

Le mieux est donc de se rendre (ou d’être transporté) dans un centre où un médecin spécialiste examinera la main.

Même si vous avez l’impression que ce n’est pas grave et que ça guérira tout seul. Un avis médical est toujours indispensable.

Exploration chirurgicale

Il convient d’abord d’identifier le type de plaie et le mécanisme. « Une radio ou une échographie va par exemple permettre de repérer d’éventuels corps étrangers, surtout s’ils sont petits, indique le médecin. L’examen clinique est primordial mais pas suffisant. L’exploration chirurgicale est indispensable pour voir si tout est intact. »

En clair, un praticien va contrôler l’état des nerfs, des tendons, etc. « Il peut arriver qu’un organe soit endommagé mais qu’on ne le remarque pas sans ce type d’exploration. Or une plaie peut évoluer et s’infecter si elle n’est pas bien soignée. »

La consultation doit avoir lieu rapidement. Or certains tardent à voir un médecin.

Grosse erreur : « une infection peut vite dégénérer si elle n’est pas traitée. Il arrive que des patients minimisent leur état. Par exemple, c’est le cas d’une personne qui s’est coupée et, pensant que ce n’est pas très grave, va juste mettre un pansement. Or la plaie peut être profonde et surtout, un nerf ou un tendon peut être atteint. Elle peut aussi s’infecter faute d’avoir été nettoyée convenablement. De ce cas, c’est alors la fièvre qui pousse l’individu à consulter. Il n’est jamais trop tard mais la prise en charge aurait été plus simple s’il avait consulté tout de suite. »

Consulter rapidement

En somme, il ne faut pas se fier à l’apparence de la plaie ni à son ressenti.

Certaines atteintes ne font pas très mal sur le coup mais peuvent engendrer de fâcheuses conséquences.

Le Dr Matter-Parat martèle son message : « consultez si vous vous êtes blessé. Seul un médecin pourra se prononcer sur la gravité de la blessure. Il est toujours dommage de voir des patients se présenter trop tardivement : la guérison est alors plus longue et parfois, les dégâts sont irréversibles. »

Et pour éviter d’en arriver là, on s’équipe en conséquence en utilisant des équipements de protection (c’est valable pour les maisons mais aussi les pieds).

Si on jardine, on porte des gants renforcés, si on ne sait pas faire, on ne tente pas d’ouvrir des huîtres (même après avoir regardé une vidéo explicative sur internet).

La protection passe aussi par le contrôle du vaccin anti-tétanique avec son médecin traitant pour, si besoin, faire un rappel.

Bref, on joue la carte de la prudence et si malgré tout l’accident arrive, on file directement aux urgences.

Fiche infos

Dr Valérie MATTER-PARRAT

Chirurgien orthopédiste
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